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Conseil d'État
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J'ai été nommé au Conseil
d'État en
décembre 1985.
Le Conseil d'État a trois rôles. Depuis Philippe
Le Bel, c'est le conseiller juridique du gouvernement : tous les
textes
importants, projets de lois et de décrets, passent devant
nous pour avis.
Le deuxième rôle du Conseil
d'État,
c'est d'être le juge administratif suprême. Quand un
conflit surgit entre un particulier et l'administration, il est
d'abord porté devant un tribunal administratif puis devant
une cour administrative d'appel. Nous jugeons en dernier ressort.
Enfin,
le Conseil
d'État, depuis toujours, est un vivier de hauts
fonctionnaires parmi lesquels le gouvernement choisit des responsables.
On entre au Conseil
d'État soit après l'ENA, soit
par nomination du Président de la République, ce
qui est mon cas. En fonction de l'âge, on est successivement
auditeur, maître des requêtes et conseiller d'État,
ce que je suis depuis deux ans.
Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le livre
que j'ai co-écrit avec François Monnier, dont voici
la présentation :
" De
tout temps les détenteurs
du pouvoir se sont entourés de sages, de puissants ou de
savants, compétents et fidèles : un conseil. Né pour
servir un homme, ce conseil a suivi l'évolution historique
du pouvoir, sa concentration, puis l'émergence d'une entité abstraite
: l'État. En France, le conseil du roi est ainsi devenu
le Conseil d'État. Bonaparte l'a inscrit dans la Constitution
du 22 frimaire an VIII (13 décembre 1799). Depuis lors,
ce corps, composé de conseillers, de maîtres des requêtes
et d'auditeurs, n'a cessé de prêter son concours aux
gouvernants, tout en s'efforçant de garantir le droit des
gouvernés.
Erik Arnoult, par ailleurs écrivain, appartient à cette " haute
assemblée ". François Monnier est historien
et spécialiste du droit public. Ils ont uni leurs expériences
et leurs compétences pour présenter la vie du Conseil
d'État à travers ses trois fonctions : participer à l'élaboration
des lois et décrets ; juger le contentieux qui oppose l'administration
aux administrés ; constituer enfin un vivier de fonctionnaires
au sein duquel certains pourront être appelés à des
postes de responsabilité dans le secteur public, tandis
que d'autres se laisseront séduire par le privé. "
Le Conseil d’État. Juger, conseiller, servir, éditions
Gallimard, 1999.
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