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Les coulisses
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Pour écrire ma grammaire, il m'a fallu des alliés.
Un
allié savant de la science des mots et des accords tout d'abord.
Je ne suis qu'un amateur, passionné certes, mais un amateur. J'ai trouvé la personne idéale : Danièle
Leeman,
professeur de grammaire à l'université de Paris-X-Nanterre. C'est l'une de nos grammairiennes les plus inventives et réputées.
Dans le même temps, elle aime, comme personne, la vie des phrases, les surprises de notre langue, ses cocasseries, sa poésie profonde.
Elle m'a lu et relu. Corrigé. Grondé. Sous son regard sévère, j'ai refait dix fois ma copie pour parvenir à un résultat qui la satisfasse.
Mme le professeur Leeman ne semble pas trop me reprocher mon insolence. Car nous continuons notre collaboration.
Les Chevaliers du subjonctif ont été écrits sous son regard hautement autorisé, bienveillant autant qu'implacable…
Il
m'a aussi fallu des alliés maîtres du dessin. Contrairement à ce que
l'on a pu dire, je n'ai pas illustré moi-même le livre. Hélas, je n'ai pas
le talent de dessinateur de Saint-Exupéry ! Mes illustrateurs sont deux très
jeunes gens de grand talent,
Pei-Sin
Ma et Alexis
Rougon.
Ils ont cinquante ans, mais à eux deux ! Et ils ne connaissent pas la fausse
note. Habituellement, ils sont graphistes et conçoivent
la couverture des livres, exercice difficile puisqu'il s'agit de
traduire l'univers d'un ouvrage sur une seule page. Au départ, je n'imaginais
pas un conte illustré. C'est en voyant la couverture qu'avaient imaginée
Pei-Sin et Alexis que j'ai souhaité illustrer
mon livre.
Enfin, j'avais besoin d'alliés dans la chanson. Parce que la grammaire
des mots et celle de la musique se ressemblent. J'ai eu envie
de rendre hommage à Henri
Salvador, un amoureux des mots comme moi, en créant le personnage de Monsieur
Henri. Lorsque j'ai commencé à imaginer un titre pour ma grammaire,
l'un de ses chefs-d'œuvre s'est très vite imposé : " Une chanson douce,
que me chantait ma maman… " N'oublions pas que, si la musique est d'Henri
Salvador, les paroles, ô combien merveilleuses, sont de Maurice Pon.
Certains, à la direction commerciale de mon éditeur,
se sont inquiétés : vous ne pourriez pas supprimer le mot " grammaire " ?
Ce n'est pas vendable ! J'ai tenu bon. Pas de publicité mensongère. L'accueil
du public m'a montré que j'avais raison.
Les Français chérissent leur grammaire, malgré ses redoutables pièges.
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