|

Les coulisses
|
 |
Quelques questions autour de la création…
Erik Orsenna,
comment écrivez-vous ?
Depuis l'âge de treize ans,
chaque jour sans exception, j'écris tôt le matin,
deux heures. Rendez-vous obligé. C'est pour moi la continuation
de la nuit. J'écris toujours avec un crayon papier 2B ou
3B, mais mon instrument favori est la gomme. J'en use des kilos
chaque mois.
Comment l'Afrique vous inspire-t-elle ?
Je vais en Afrique
depuis quarante ans. J'ai l'impression que là-bas, je m'agrandis.
En Afrique, il n'y a pas de rupture entre les générations,
pas de rupture entre les vivants et les morts, pas de rupture
entre la nature et les humains, entre le rire et les pleurs. En
Europe, j'ai l'impression d'être découpé, morcelé.
En Afrique, j'ai l'impression de me réunir.
Comment vous êtes-vous
documenté pour écrire Madame Bâ ?
Je porte en
moi l'idée de ce livre depuis des années. J'ai donc
accumulé beaucoup de notes, jusqu'au jour où j'ai
commencé le travail d'écriture. Pour écrire
Madame Bâ, je me suis beaucoup documenté sur les Maliens,
les Soninkés, mais aussi sur les problèmes d'immigration,
en collectant des articles de presse, en cherchant des ouvrages
et des études sur ces sujets.
Depuis 2001, plusieurs voyages
au Mali m'ont été nécessaires pour écrire
certains passages du roman. Bernard Matussière, ami et photographe
de talent, m'a d'ailleurs accompagné et vous pouvez voir
quelques-unes de ses photos sur ce site. Mais comme chacun sait,
l'écrivain n'aime rien tant que brouiller les pistes, changer
les noms et les lieux pourvu que l'histoire déroule sa logique
et qu'à la fin la vérité soit dite.
|